Shangri-la

Scénario / Dessin : Mathieu Bablet

Dans un futur plus ou moins lointain, l’humanité peut se targuer d’avoir foutu notre bonne vieille Terre en l’air. L’humanité se retrouve donc agglutinée dans une gigantesque station spatiale dirigée par l’entreprise Tianzhu qui en profite au passage pour forcer la vente de ses produits à une plèbe lui vouant un véritable culte, avoir le dernier produit de Tianzhu est signe de réussite personnelle (ça rappelle vaguement quelque chose).

Dans ce huis-clos on a deux classes bien distinctes:

  • les animaux humanoïdes, créés par les humains pour accomplir les basses besognes et souffrant d’un racisme exacerbé
  • les humains qui se divisent eux même en trois groupes:
    • les adeptes de la consommation
    • des scientifiques dont le rêve est de créer l’humain parfait à partir de rien histoire de se prendre pour Dieu (j’aurais toutefois aimé voir cette partie davantage développée)
    • des rebelles qui en ont marre de la domination de Tianzhu

Shangri-la nous propose ici une critique de la société de consommation mais il serait réducteur de s’arrêter à ça. Mathieu Bablet nous conte ici une histoire sur fond de lutte des classes, d’eugénisme et de corruption. La façon dont les différentes intrigues s’entremêlent nous amène à se dire que les malheurs des uns à forcément des répercussions sur les autres. La lecture est plus qu’agréable, on est ici face à une belle oeuvre de SF, sentiment conforté par l’édition: un bel ouvrage au dos toilé et le tout pour 20€ !

Au niveau des dessins j’avoue avoir eu du mal au début avec les personnages mais finalement, c’est vite gommé par la beauté des décors et la profondeur du récit. Le trait de l’auteur donne vraiment de la profondeur aux décors et on est happé pars ses perspectives dans les dédales de la station tout autant que par la beauté des scènes spatiales.

Conclusion

Je le répète ici mais 20€ pour une oeuvre de cette qualité et dans un si bel écrin j’ai rarement vu ça.

Shangri-la est un récit prenant disposant de plusieurs niveaux de lecture (je pense me le relire encore à l’avenir), poussant à la réflexion et bien servit par les images si tant est que vous arriviez à faire l’impasse sur le dessin des personnages (seul gros point noir pour moi).

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