Les indes fourbes

Scénario: Alain Ayroles

Dessin: Juanjo Guarnido

Tu ne travailleras point

Pablos est issu d’une famille où la roublardise et le mensonge sont religion. Démarrant sa vie au bas de l’échelle sociale ce gueux de son état compte bien gravir un à un les échelons de l’échelle sociale tout en faisant honneur aux traditions familiales à savoir mentir, voler, escroquer voire plus si affinité. Afin d’assouvir sa soif de richesse et de gloire Pablos part pour les Indes Occidentales (nom que l’on donnait à l’époque aux Amériques) qui à l’époque étaient encore une jeune colonie où les rêves d’eldorado faisaient tourner les têtes.

Les Indes Fourbes est une bande dessinée en trois actes faisant suite à El Buscón, récit initialement prévu en deux volumes par l’écrivain Francisco de Quevedo décédé avant de livrer le second ouvrage à la postérité. Chaque acte de cette bande dessinée nous fait voir une facette de l’histoire qui nous est contée. On commence donc avec un Pablos naïf et pauvre mais plein de détermination, seulement au fur et à mesure que le récit avance on note tout le génie et la fourberie de ce dernier (tout en étant parfois surpris, pour ne pas dire pire, de certaines de ses décisions). Tout au long du récit Alain Ayroles nous présente des personnages forts, parfaitement dépeints (j’entend par là qu’en quelques cases les traits de caractères sont définis), les scènes de vie semblent tout a fait probables, je ne suis pas allé faire une étude sur la vie aux Amériques durant cette époque mais le portrait dépeint colle à l’image que je peux m’en faire, et les différentes scènes délivrent tout au long des chapitres leurs différents niveaux de lecture.

Au niveau du dessin c’est Juanjo Guarnido qui s’y colle et comme pour Blacksad on est là sur du très très gros niveau, c’est simple il sait tout faire! Les ambiances sont plus que réussies, les décors sont à couper le souffle et les personnages parfaitement caractérisés et expressifs.

Pas besoin de dire que c’est beau ça crève les yeux.

Conclusion

Le duo Ayroles / Guarnido nous livre ici un magnifique ouvrage de 150 pages. Le récit est parfaitement mené et on referme la BD avec le sentiment de s’être fait embobiné par Pablos. Le livre nous fait voyager à travers le nouveau monde et laisse la tête pleine des images de ces lieux existants ou fantasmés. Si je devais émettre un regret, sans spoiler, ce serait l’ellipse de fin d’ouvrage: je n’aurait pas été contre avoir deux tomes avec plus de détails sur ce qu’il s’est passé pendant cette ellipse.

Vous l’aurez compris Les Indes Fourbes, une BD à avoir dans sa bibliothèque, un classique en devenir à coup sûr.

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